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Dossier consacré à la protection animale

Voici la suite de ce dossier consacré à la protection animale

dont la première partie intitulée « La protection animale, combien de divisions » dressait un état des lieux.

Dans un précédent article intitulé « La protection animale, combien de divisions ? » j’avais stigmatisé l’émiettement, les guerres intestines, les concurrences sauvages et autres divisions qui ôtaient toute force de frappe à la protection animale en France. On pouvait croire que je « jetais le bébé avec l’eau du bain », il n’en est rien. La volonté de protéger les animaux, la capacité et la volonté d’engagement de certains n’est pas niable, elle est, au contraire, je pense, une marque de l’état d’avancement de nos sociétés vers plus de civilisation.

L’effet réversif de l’évolution

Cet « effet réversif de l’évolution », mis en lumière par le philosophe marxiste Patrick Tort (spécialiste de Darwin) qui explique que la loi du plus fort, la loi de la jungle, la loi du plus adapté s’arrête lorsque la culture et la société apparaissent et sont remplacées par leur contraire, c’est-à-dire la solidarité et la protection du faible par le fort, cet effet donc, après s’être au fil des temps imposé un peu partout, malgré les réticences des nouveaux adeptes du darwinisme social (Spenceristes) dont le cadavre dialectique bouge, hélas, encore et menace toujours la cohésion de nos sociétés fragilisées par la primauté des rapports économiques, cet effet, et j’en arrive à la fin de cette phrase, il s’est également imposé dans les rapports entre l’Homme et certains animaux, les plus familiers, les animaux domestiques (réputés « êtres sensibles » depuis la loi de 1976).

Chat et Chien : Domestiques, mais plus esclaves…

Le terme domestique vient du latin domus qui signifie maison et il est vrai que ce que nous nommons aujourd’hui animaux domestiques sont devenus les compagnons les plus proches de l’homme et partagent son toit. Il n’en fut pas toujours ainsi, les chats étaient le plus souvent exclus de la maison (reste de religiosité) et confinés aux abords des réserves de grains qu’ils étaient chargés de protéger des rongeurs, tandis que les chiens étaient dans la plupart des cas élevés dans un but purement utilitaire. L’enrichissement de nos civilisations, l’urbanisation a provoqué une « dérive » de ce rapport vers une sorte d’appartenance familiale. Le chat et le chien font « partie de la famille », mais il n’y a pas que de bonnes familles, ni pour les animaux ni pour les humains et les animaux âgés, ou trop encombrants sont évacués vers les refuges, comme les personnes âgées vers des mouroirs médicalisés.

La multiplication des naissances, les habitudes idiotes comme d’offrir un animal pour les fêtes (surtout à quelqu’un qui n’en désire pas…) tout cela crée une population « non désirée » qui embarrasse les autorités et déclenche des réactions « animalitaires » chez d’autres.

Les « animalitaires »

Le terme « animalitaire » a été employé par un sociologue pour se moquer des protecteurs des animaux, en référence aux associations humanitaires. Je pense que comme le « big bang » terme qui avait été conçu pour ridiculiser la théorie qui porte aujourd’hui son nom, ce terme me convient et ne me semble pas ridicule ni insultant.

La condition animale est devenue une vraie problématique populaire, et un formidable enjeu économique comme en témoigne la guerre que se livrent les marques de pet food que ce soit sur le marché grand public ou vers des réseaux plus spécialisés. Des milliards d’euros sont en jeu dans cette activité.

Une vraie problématique populaire

La protection des animaux de compagnie, la lutte contre l’expérimentation animale, contre les spectacles dégradants ou meurtriers, la chasse conçue comme un « sport », mais aussi la maltraitance des animaux d’élevage ou de rente (stabulation, surpeuplement, mutilations, transports, etc.), tout cela concerne un large public et devrait fédérer au lieu de morceler les initiatives.

Les événements récents dans certaines SPA de l’Ouest de la France avec les pétitions et mails en tous genres (jusqu’à des faux !) a prouvé que l’organisation de cette protection, même au plan local n’est pas chose simple.

Chacun a son idée sur les moyens, les actions et les décisions : faut-il privilégier les grands chiens, les petits, les chats, les chiens de race, qui et quand peut ou doit prendre une décision d’euthanasie ? Tout cela prend des proportions considérables dans des structures débordées, dotées de moyens notoirement insuffisants et animés par des humains, hommes et femmes (surtout des femmes, il faut le dire) avec leurs qualités, leurs défauts, leur ouverture ou non d’esprit, leur culture et leur sensibilité. Ajoutez à ce cocktail la cohabitation entre bénévoles et salariés et vous obtenez dans un certain nombre de cas des bombes qui ne demandent qu’à exploser…

Des raisons, des solutions ?

Il est inutile de revenir sur ce que j’ai écrit précédemment, les guerres de chefs, le « nationalisme associatif », les légions de Présidents, pour se concentrer sur deux points qui me semblent primordiaux :

1 : L’origine du problème

2 : Les solutions

Ramener la problématique à deux chapitres peut sembler outrageusement ou impudemment simple, mais on va le voir, ces deux analysent soulèvent à leur tour bien des questions…

1 L’origine du problème

La Bible dit : « au commencement était le verbe », dans le domaine qui nous intéresse on peut dire « au commencement était l’Homme ».

Certains animaux sauvages ont été domestiqués par l’homme pour remplir certaines fonction : nourriture, transport, travaux et carroyages importants, protections des biens et des troupeaux, secours et même guerre.

Le chien, qui vient en tête de liste en terme d’ancienneté est même, pourrait-on dire une « création » de l’Homme, puisque, à partir d’un certain nombre de « modèles » de loups, il a créé des centaines de races canines dont le coefficient de poids dépasse 1 à 100, tout en appartenant à la même espèce !

Ensuite vinrent les animaux de rente, vaches, moutons, âne et, en dernier, les chevaux, qui passèrent du statut de gibier à celui de moyen de transport.

Ce rapide historique qui nous fait remonter jusqu’à la préhistoire n’est pas inutile, il met en évidence le caractère utilitariste de l’animal, fut-il « de compagnie ». La Bible, encore elle, avait bien expliqué (Genèse) que Dieu en faisant défiler les animaux devant Adam et en les lui faisant nommer, les mettait à son service.

Il n’y avait donc aucun frein à la violence, car aucune raison de respecter ce qui n’étaient en fait que des outils. C’est un mouvement économique, une avancée de notre civilisation vers plus de confort et de richesse qui a amené à se pencher sur le sort des animaux et leur souffrance.

Mais, là où il y a une prise de conscience nette, il y a aussi des « impératifs » économiques, l’élevage en batterie, les transports dans des conditions ignobles, l’élevage en stabulation, tout cela permet d’être « compétitif », terme magique qui permet de broyer aussi bien les animaux que les humains…

Résultat ? ceux-là même qui protègent les animaux, les aiment et n’ont parfois de relations affective qu’avec eux sont réduits à acheter du poulet de batterie congelé, du porc engraissé dans un mètre carré, des animaux élevés dans la souffrance et abattus sans respect. Pourquoi ? Tout simplement parce que ceux qui se préoccupent du sort des animaux, de compagnie ou de rente sont pour la plupart de « petites gens » comme on disait autrefois, des gens comme vous et moi qui ne peuvent approcher des produits de l’élevage bio compte tenu de leurs revenus.

Animalitaires, humanitaires, même combat

Car il ne faut pas se voiler la face, ceux qui donnent pour les associations animalitaires sont les mêmes que ceux qui contribuent aux association humanitaires : des gens à faible revenu, qui éprouvent une empathie pour la souffrance des autres, souvent âgés. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une règle générale, il y a des gens jeunes, et même très jeunes qui s’investissent dans l’aide aux plus faibles, mais ils le font souvent sans moyens, avec leur bonne volonté pour seul viatique et cela donne des catastrophes « animalitaires » comme ces « refuges clandestins » où des gens accumulent chiens et chats pour les sauver et sont dépassés par les événements, faute de moyens pour les soins et les stérilisations, voire pour la nourriture. On a vu de nombreux cas de ce type ces dernières années.

Les refuges « officiels » alimentés par des dons et surtout par les redevances de fourrière des communes, sont débordés, tous sont en sur effectif dans des conditions parfois dramatiques. D’où, aussi, l’émergence de conflits dans la gestion et les choix des politiques de ces structures.

Certains l’ont dit, ils se sont fait « jeter », mais je reprends leurs propos : il y a trop d’animaux de compagnie en France, trop pour leur assurer une vie normale, dans le respect de leur nature.

Le respect de l’animal

Non, un labrador, chien d’eau ne sera jamais heureux dans 30 mètres carrés dans une grande ville, promené deux fois un quart d’heure par jour autour du pâté de maison, non un leonberg, on dogue allemand ou même un berger allemand ne peut se sentir bien, confiné dans un espace minuscule, même si son affection pour son maître est réelle. L’égoïsme des humains les entraîne souvent dans une vision anthropocentriste, le chien et le chat ne sont pas des humains, ni adultes, ni enfants. Ils ont une nature, des besoins physiques qui sont rarement respectés. Il faut parfois avoir le courage de se dire « non, je n’ai pas le temps, pas les moyens, pas l’espace nécessaires à un animal ».

Et il faut également évoquer les « reproductions sauvages », les portées non voulues que l’on laisse venir en se disant qu’on trouvera des gens pour les acheter ou même les prendre gratuitement. Et six mois plus tard il faut trouver une SPA qui veuille bien les accueillir… et elles sont toutes débordées (voir plus haut) !

Que les éleveurs produisent des chiens et des chats semble normal (remarque faite qu’en France, la plupart des éleveurs sont des amateurs qui produisent très peu de portées, sauf pour les races « à la mode »), mais quand des particuliers tentent de faire de même, la catastrophe n’est pas loin…

2- Les solutions… (avec humilité…)

Vaste question, ou vastes questions…

Le problème des « chiens dangereux » a été traité avec tellement d’incompétence et de légèreté par les autorités (qui réagissent dans l’urgence médiatique mais rarement au bout d’une saine réflexion) que l’on a un peu peur d’évoquer la loi, mais il faudra sans doute y venir un jour.

Il y a des pistes, qui ne font pas plaisir à tout le monde mais qui doivent être examinées si l’on veut juguler la misère animale (au moins celle des animaux de compagnie)

• La généralisation de la stérilisation des animaux non destinés à la reproduction, avec obligation pour les vétérinaires d’effectuer gratuitement l’acte pour les personnes à faible revenu.

• L’interdiction de la vente des animaux en animalerie (un chien, un chat, ou tout autre animal de compagnie n’est pas une boite de conserve !).

• L’augmentation des subventions aux refuges (cela vaudra toujours mieux qu’une fontaine ou un monument hideux que personne ne regarde…). Avec son corollaire, c’est-à-dire un contrôle de l’utilisation des fonds publics par les Chambres régionales des comptes par exemple…

• Pourquoi pas une véritable politique de l’animal de compagnie qui engloberait tous ces points, mais ne serait pas une simple poudre aux yeux électorale ?

Et je ne parle même pas de l’expérimentation animale inutile ou futile (produits cosmétiques…), des spectacles barbares comme la corrida ou des zoos concentrationnaires, il faudrait un livre pour évoquer tous ces points et cet article est déjà très long, je vous prie de m’en excuser.

Je ne prétends détenir aucune Vérité, mais je vois les problèmes s’accumuler, je les vis et je les ai vécus dans bien des domaines de l’animal de compagnie et cette synthèse n’a qu’un but, déclencher un débat et une réflexion.

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