ELEVAGE DE CHIEN

LES TENDANCES CHIEN DE RACE

Depuis plusieurs années, la Société Centrale Canine

se distinguait de la plupart de ses consœurs à la FCI par une croissance soutenue des inscriptions dans son livre des origines. 2005 conforte cette tendance avec une année exceptionnelle et qui, pour la première fois, tient compte de la réalité des naissances de l’année et pas uniquement des dossiers traités !
Pour analyser l’année 2005, nous vous proposons plusieurs tableaux comparatifs qui vous donneront des éléments pour parfaire votre propre opinion sur le sujet. Globalement, le LOF maintient sa 2ème position au sein des pays FCI (80 pays membres) avec 173 819 chiots inscrits, derrière le Japon l’ incontestable N°1 (plus de 530000 chiots enregistrés par le Japan Kennel Club en 2005 !). Sur le plan mondial, la France occupe la 4ème place, derrière les USA (AKC avec 920 804 chiots de 154 races différentes), le Japon et l’Angleterre (250000 chiots), mais devant l’Italie et la Russie.

Changements dans le décompte des inscriptions

Jusqu’alors, les services du LOF arrêtaient en fin d’année, un chiffre des inscriptions détaillé par groupe et par race, en fonction des dossiers traités qui comptabilisaient de fait les naissances de la fin de l’année précédente et en omettant celles de la fin d’année étudiée, leurs dossiers étant reportés au décompte de l’année suivante. Pour cette année, ce qui explique le retard de publication de deux mois par rapport aux années précédentes, les statistiques du LOF ont tenu compte de la réalité de l’élevage français, en traitant l’ensemble des dossiers d’inscriptions relatifs aux naissances réelles de l’année civile, c’est-à-dire, les chiots nés et inscrits entre le 1er janvier et le 31 décembre 2005. Le chiffre finalisé, légèrement supérieur à 173 000, confirme que l’année 2005 est incontestablement une excellente année pour le LOF, si ce n’est la meilleure de son histoire, car le record de 2003 était « tronqué », avec l’ancien système de décompte. De même, depuis trois ans, le nombre des inscriptions oscillant entre 170 et 175 000, il semble que l’élevage français est arrivé à un plateau. Dans le contexte actuel du chien de race, il est clair que le cap des 200 000 inscriptions est un objectif réaliste mais qu’il faudra patienter encore quelques années pour y arriver. Notons au passage, que la professionnalisation de la branche, liée aux textes réglementant l’élevage canin français, n’a pas eu l’incidence baissière que craignaient un nombre important d’éleveurs face aux réseaux parfaitement organisés qui proposent des chiots d’apparence de race, trois à quatre fois plus nombreux que ceux proposés par les éleveurs LOF. Enfin, dernier point et non des moindres, toutes les études relatives à la population canine depuis une vingtaine d’années, confirment à la fois une stabilité quantitative et une évolution importante de l’attrait du grand public pour des chiens présentant les caractéristiques morphologiques d’un chien de race. Reste le grand pas qui conduira de plus en plus d’acquéreurs à se tourner vers le chien inscrit, ce qui sera bénéfique aussi bien pour la cynophilie en général que pour les éleveurs qui verront un rééquilibrage de l’offre et de la demande s’opérer à leur profit.

Les données chiffrées par Groupe
Pas de surprise à l’analyse des groupes avec un tiercé de tête habituel, dans l’ordre, le Groupe I (29930 inscriptions), le Groupe II (27466) et le Groupe VIII (23101), ce dernier étant talonné par les Groupes VII et IX. Concrètement, un chiot sur deux inscrit au LOF appartient à l’un de ces trois groupes I, II ou VIII.

Le Groupe I, est dominé par le tiercé Berger Allemand, Berger Belge Malinois et Berger de Beauce, ce dernier perdant une place par rapport à 2004 au profit du chien d’utilité par excellence, le Malinois. Ces trois lascars confirment que les aptitudes restent une priorité chez les amateurs de races bergères (près d’un acquéreur sur trois). Seules exceptions à la règle, le Berger Australien, une race relativement récente (29 inscrits en 1996, 682 en 2001, 1674 en 2005) qui aligne la plus belle progression toutes races confondues de ces dix dernières années et qui se retrouve devant l’incontournable Colley. Rappelons que ce petit berger venu des USA connaît une carrière fulgurante sur les rings d’honneur (BIS à la Mondiale 2003, BIS lors de la récente Crufts, etc…) et qu’il est fort probable qu’il continue de grimper. Autre race très récente, le Berger Blanc Suisse, qui voit sa cote grandir rapidement. Il est fort probable que le BBS intègre le Quinte des bergers d’ici deux ans (269 inscriptions lors de sa première année au LOF en 2003, 853 en 2005).

Dans le Groupe II, fort d’une offre d’une cinquantaine de races, la situation est contrastée. Les ténors s’essoufflent (Rottweiler, Dogo Argentino,…), baissent (Dogue Allemand, Saint-Bernard, …) ou chutent de façon inquiétante (Dobermann, Matin de Naples). Le Boxer, un classique de ce groupe maintient ses effectifs avec ses oreilles naturelles et son fouet long (les éleveurs ayant intelligemment anticipé la future interdiction concernant l’appendice caudal) . Soulignons que des races aussi différentes que le Bulldog et le Bouvier Bernois continuent de séduire de plus en plus d’amateurs et que le Cane Corso, surnommé « le Boxer italien » demeure une valeur sûre au sein de ce groupe.

Dans le Groupe III, sortez le Champagne et faites des « Bull » : la locomotive, l’American Staffordshire, distille à toute la famille son rayonnement et sa joie de vivre, la plus belle progression étant celle de son cousin britannique, le « Staffie ». Derrière, le clan des écossais reste dominé par le « P’tit blanc » dont le succès ne se dément pas depuis plus de 15 ans. Jack et Parson se partagent un gâteau qui continue de grandir, le petit passant devant le grand, à la régulière. Les terriers dans l’ensemble, progressent, notamment ceux de petite taille, malgré les rigueurs de la toilette. Quand on aime…

Le Groupe IV a du mal a retrouver son éclat d’antan même si la baisse pour l’ensemble du groupe semble endiguée (4360 en 2001, 3793 en 2002, 3794 en 2005), elle reste marquée chez le poil long par rapport à 2004.

Le Groupe V, offre peu de changements, avec un éternel leader, le Siberian Husky, qui reprend des couleurs depuis trois ans, après des années 80/90 qu’il faut oublier. Les races qui sont le plus en vogue, Akita Inu, Samoyède, Chow Chow, Eurasier, voient également leur effectifs progresser d’une année sur l’autre, en particulier, le Samoyède qui prend la troisième place qu’occupait l’Akita Inu en 2004.

Le Groupe VI conserve un leader charismatique depuis de longues années, le Beagle qui représente encore près d’un chien courant sur cinq. Les races françaises sont les plus nombreuses avec des situations très contrastées, du challenger, le Basset Fauve de Bretagne qui se hisse à la 2ème place qu’occupait précédemment le Basset Hound, au Billy en voie d’extinction…

Dans le Groupe VII, les ténors restent les mêmes : Setter Anglais, Epagneul Breton, Braque Allemand et Pointer, talonnés par le plus grand de la famille, le Braque de Weimar à poil ras.

Dans le Groupe VIII, grande nouveauté, le Golden se hisse en tête passant devant le Labrador dont les effectifs déclinent doucement mais sûrement depuis plusieurs années. Ces deux retrievers sont suivis par trois Spaniels dont le leader le Cocker frise les 5000 inscriptions. L’English Springer continue également à grimper tandis que son cousin américain, le Cocker, accuse une baisse supérieure à 10% par rapport à 2004. Dans l’ensemble, la famille voit ses effectifs progresser à deux ou trois exceptions près.

Le Groupe IX progresse également, avec trois ténors en pleine forme, le Cavalier King Charles, le Bouledogue Français et le Shih Tzu (ce dernier accusant une légère baisse de ses naissances par rapport à 2004). Le quatrième, le Coton du Tuléar aligne la plus belle progression par rapport à 2004 et vise assurément le podium.

Les Lévriers – Groupe X – recherchent toujours un levier, pardon, un lévrier pour repartir. Face à la stabilité étonnante de leur leader, le Whippet (qui représente plus d’un lévrier sur deux élevés en France), saluons la santé du Barzoï, qui s’impose comme le numéro II de ce groupe en devenir. Soulignons la place qu’occupe le plus petit de la famille, le Petit lévrier italien, sur la 3ème sur le podium, confirmant la percée des petits chiens d’agrément. Le Groupe des lévriers n’échappe pas à la règle, puisque les deux plus petits représentants de cette famille sont aux 1ère et 3ème places.

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